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12/02/2010

Lecture Rabelais

Voilà plus de dix ans que la Cie Magritt' nous régale de ses lectures-spectacles avec des auteurs dont la vie et l'oeuvre nous élèvent à plus d'humanisme. Au sein de la Maison des Mémoires à Carcassonne, le "metteur en jeu" Jacques Galaup et ses comédiens professionnels font ricocher les voix d'outre-tombe dans l'antre sacrée du poète Joë Bousquet. Voilà plusieurs années également que René Piniès, directeur du centre Joë Bousquet, anime le lieu et s'évertue à nous faire pénétrer les arcanes de la vie et de l'oeuvre du poète.

Francois_Rabelais_-_Portrait.jpgUne nouvelle lecture donnée par la Cie Magritt', sur Rabelais, est donc annoncée pour les 16, 17, 18, 19 février à 18h et le 20 février à 17h, 53 rue de Verdun à Carcassonne (entrée libre), avec les comédiens Jean-Baptiste Artigas, Roger Avalos et Alain Perez. Adaptation de Jacques Galaup :

""Hénaurme" l’œuvre de Rabelais, énorme et drolatique par la multitude des personnages, par le foisonnement des situations, par la création verbale et parce que, cinq cents ans après son écriture, cette œuvre nous concerne toujours.
De 1535 à 1550 Rabelais écrit cinq ouvrages qui racontent chronologiquement une même histoire : la vie d’un géant. Celle de Gargantua d’abord puis celle de Pantagruel, son fils. Père et fils ou frères jumeaux ? tant ils se ressemblent. Même naissance et même enfance en la benoîte Touraine, même imprégnation des idéaux de la Renaissance, même quête du sens de l’existence, même volonté de ridiculiser les mille visages de la bêtise et de l’intolérance. Le tout sur toile de fond historique qui va de la lumière de Marignan à la nuit de Pavie. Du bleu délavé de la peinture toscane au noir goudron de la peinture espagnole, de François 1er protecteur de Rabelais à Charles Quint l’inquisiteur, c’est-à-dire de la liberté à la censure et au bûcher.
Rabelais est donc contraint de naviguer, comme ses personnages, entre les récifs de la répression avec le rire. Grasses folastries d’étudiants en médecine et plaisanteries d’ivrognes pour tromper les censeurs et dissimuler la substantifique moelle. Au bout du compte, au bout du conte, Gargantua vaincra Picrochole et construira Thélème, ce rêve d’une société sans conflit ni dissonance. Pantagruel, de son côté, réussira à découvrir et à interroger l’oracle de la Dive Bouteille. Et les deux odyssées se termineront sur deux aphorismes :
Fais ce que voudras et Bois.
Deux réponses qui sont en réalité deux non-réponses : Homme, tu es libre, décide par toi-même du sens, de la direction de ta vie. Aucun signe, aucun oracle ne peut dicter ta conduite. La formule sartrienne : L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait n’est pas loin. Sartre d’ailleurs affirmait que l’existentialisme était un humanisme.
Alors Rabelais, qui fréquentait assidûment les estaminets du Quartier latin, Rabelais était-il existentialiste ?
C’était pour rire."

La lecture-spectacle aura lieu au sein de l'exposition du sculpteur catalan Fenosa, exposition qui durera jusqu'en mai. Fenosa et Rabelais ont en commun d'avoir voulu modifier la pensée et la morale de leur époque par le recours à la culture grecque. Sans titre-Numérisation-01.jpg


N'en oublions pas Venise ! Les écrivains français de la Renaissance furent de fait de grands amoureux de l'Italie. A ma connaissance, un passage de Rabelais à Venise n'est pas attesté. En revanche Clément Marot y séjourna. Suite à l'affaire des placards (diatribes contre la messe affichées sur la porte de la chambre du roi François 1er à Amboise), soupçonné d'hérésie, il fut contraint à l'exil dans cette ville.
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21/02/2009

LECTURE RIMBAUD

Carjat_Arthur_Rimbaud_1872_n2.jpgVoici la seule occurrence de Venise dans l’œuvre d’Arthur Rimbaud :

Promontoire

« L’aube d’or et la soirée frissonnante trouvent notre brick au large en face de cette villa et de ses dépendances, qui forment un promontoire aussi étendu que l’Epire et le Péloponnèse ou que la grande île du Japon, ou que l’Arabie ! Des fanums qu’éclaire la rentrée des théories ; d’immenses vues de la défense des côtes modernes ; des dunes illustrées de chaudes fleurs et de bacchanales ; de grands canaux de Carthage et des embankments d’une Venise louche ; […] » (Les Illuminations)

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Venise, 2007, Graffitis (Photos Florence Brieu-Galaup, tous droits réservés)

Profitons de cette évocation pour annoncer une nouvelle lecture donnée par la Compagnie Magritt’ et son metteur en scène Jacques Galaup au Centre Joë Bousquet et son temps, situé 53 rue de Verdun à Carcassonne et dirigé par René Piniès.
Pendant trois jours, (les 26 et 27 février à 18h et le 28 février à 17h), à quelques mètres de la chambre de Joë Bousquet et à proximité d’une exposition de livres d’art, les comédiens Roger Avalos et Alain Perez feront entendre les vers de Rimbaud.
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30/05/2008

MONTAIGNE ET VENISE

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Michel Eyquem de Montaigne séjourne six jours à Venise en novembre 1580, ce dont il fait état dans son Journal de voyage en Italie. Atteint de la « maladie de la pierre » (coliques néphrétiques), il n’est pas particulièrement en extase devant la Sérénissime : « Il (Montaigne) disait l’avoir trouvée autre qu’il ne l’avait imaginée et un peu moins admirable ; il la reconnut et toutes ses particularités avec extrême diligence. La police, la situation, l’arsenal, la place de Saint-Marc et la presse des peuples étrangers, lui semblèrent les choses les plus remarquables. » Pourtant, dans les Essais, il conseille ce lieu pour rendre les « outrages » de la vieillesse plus supportables (« Je conseillerais volontiers Venise pour la retraite d’une telle condition et faiblesse de vie. ») et, parlant de son ami La Boétie, distingue encore une fois Venise : « Il avait l’esprit moulé au patron d’autres siècles. Il fut toujours ennemi des horreurs de son temps. Et je sais que s’il eût eu à choisir, il eut mieux aimé être né à Venise - parce que c’était une république - qu’à Sarlat, et avec raison ».

Profitons de cette évocation pour rendre compte de la lecture Montaigne donnée par la compagnie Magritt’ et son metteur en scène Jacques Galaup au Centre Joë Bousquet et son temps, situé 53 rue de Verdun à Carcassonne et dirigé par René Piniès. 468e5caaeb1b8105e35a9b7e7a50616a.jpgOn se presse nombreux pour écouter pendant trois jours la très grande sagesse de l’écrivain à travers une adaptation intelligente et jouir du talent d’incarnation des deux comédiens en scène, Roger Avalos et Alain Perez… avec, à quelques mètres de là, la chambre du poète Joë Bousquet, aménagée comme s’il venait à peine de la quitter.
Avec en guise de décor, derrière les comédiens, les oeuvres du peintre internationalement connu, Vladimir Velickovic.