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30/05/2008

MONTAIGNE ET VENISE

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Michel Eyquem de Montaigne séjourne six jours à Venise en novembre 1580, ce dont il fait état dans son Journal de voyage en Italie. Atteint de la « maladie de la pierre » (coliques néphrétiques), il n’est pas particulièrement en extase devant la Sérénissime : « Il (Montaigne) disait l’avoir trouvée autre qu’il ne l’avait imaginée et un peu moins admirable ; il la reconnut et toutes ses particularités avec extrême diligence. La police, la situation, l’arsenal, la place de Saint-Marc et la presse des peuples étrangers, lui semblèrent les choses les plus remarquables. » Pourtant, dans les Essais, il conseille ce lieu pour rendre les « outrages » de la vieillesse plus supportables (« Je conseillerais volontiers Venise pour la retraite d’une telle condition et faiblesse de vie. ») et, parlant de son ami La Boétie, distingue encore une fois Venise : « Il avait l’esprit moulé au patron d’autres siècles. Il fut toujours ennemi des horreurs de son temps. Et je sais que s’il eût eu à choisir, il eut mieux aimé être né à Venise - parce que c’était une république - qu’à Sarlat, et avec raison ».

Profitons de cette évocation pour rendre compte de la lecture Montaigne donnée par la compagnie Magritt’ et son metteur en scène Jacques Galaup au Centre Joë Bousquet et son temps, situé 53 rue de Verdun à Carcassonne et dirigé par René Piniès. 468e5caaeb1b8105e35a9b7e7a50616a.jpgOn se presse nombreux pour écouter pendant trois jours la très grande sagesse de l’écrivain à travers une adaptation intelligente et jouir du talent d’incarnation des deux comédiens en scène, Roger Avalos et Alain Perez… avec, à quelques mètres de là, la chambre du poète Joë Bousquet, aménagée comme s’il venait à peine de la quitter.
Avec en guise de décor, derrière les comédiens, les oeuvres du peintre internationalement connu, Vladimir Velickovic.