Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

16/12/2010

Lecture Fernando Pessoa

93px-FP1912.jpgLe fascinant poète portugais Fernando Pessoa, "voyageur immobile" ne s'est jamais rendu à Venise (à ma connaissance en tout cas). Portugal 174.jpg
Portugal 142.jpgSa ville de prédilection, Lisbonne, est, comme Venise, un lieu à part dont l'ouverture marine, avec sa tour de Belem, invite au voyage imaginaire et au rêve, un lieu encore hors du temps un peu mélancolique et très émouvant. Portugal 167.jpgPortugal 043.jpg

Pour les amoureux du poète et les amoureux de poésie, les "happy few", lecture par la compagnie Magritt' au centre Joë Bousquet, chez cet autre "voyageur immobile", à Carcassonne, au 53 rue de Verdun, les jeudi 16 décembre, vendredi 17 décembre à 18h et samedi 18 décembre à 17h. Entrée gratuite.
"Pessoa, en portugais, signifie personne. Evidemment, dès l’enfance, Fernando Pessoa voulut être quelqu’un. Mais très vite il sut qu’il était quelques uns. Alors, pour être l’Autre, il choisit une démarche extra-ordinaire : il s’inventa des doubles, ses hétéronymes qui écrivirent « à sa place » et il fit publier leurs œuvres sous leurs noms, choisissant, lui, d’être un poète sans lecteurs, un écrivain sans éditeur.
Pessoa écrivait devant sa fenêtre lisboète, nuit après nuit, des milliers de pages, au parfum de saudade, qu’il entassait dans une malle. Diabolique machination de cet obscur aide-comptable, connu seulement des habitués des cafés littéraires du Lisbonne des années 1910-1935, spectateur de la vie et plus à l'aise dans le langage que dans le monde réel. Diabolique machination car l’ouverture posthume de la malle « une malle pleine de gens » lui ouvrit les portes de l’immortalité.
Aujourd’hui Lisbonne n’en finit pas de le célébrer – pour se faire pardonner de ne l’avoir pas reconnu en son temps ? Il n’est que de se promener dans sa ville pour voir combien il y est présent et vivant. Son dernier appartement rua Coelho da Rocha transformé en musée, avec chambre reconstituée, exposition permanente, conférences. Un itinéraire municipal qui propose de monter dans l’Electrico 28 - un des tramways jaunes – pour relier les divers Lugares do Pessoa : lieux de travail, appartements, cafés de la Baïxa. Les kiosques de rue qui vendent son portrait en « magnet » que l’on aimantera sur son frigidaire. Dans la rua Garrett les librairies qui affichent les dernières éditions des œuvres complètes( ?) de Pessoa à côté de celles de ses hétéronymes. Et à la terrasse du célèbre café A Brasiliera, il est assis, en bronze grandeur nature, sur une chaise : l'Immobilité éternelle opposée à la vitesse futile de notre époque.
Ironique et ultime revanche de la postérité, lui qui vécut, poète inconnu, les trente dernières années de sa vie sans jamais quitter Lisbonne, repose maintenant au monastère-panthéon dos Jeronimos , au bord du Tage, tout à côté du tombeau du plus illustre navigateur portugais Vasco de Gama, sans doute parce qu’à sa manière, ce piéton de Lisbonne fut aussi un grand voyageur." Jacques Galaup
Janvier 2O11

Rabsuitsuit 003.jpg
Pessoalecture 003.jpg

Photos Florence Brieu-Galaup, tous droits réservés.

Le Rivage des Syrtes

Construit autour d'un monde imaginaire, Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq emprunte à Venise ses paysages et son organisation politique au travers d'une prose poétique envoûtante, emprunt dont le narrateur dénonce lui-même le caractère galvaudé :

120px-Signature_julien_gracq.png"Le gouvernement d'Orsenna, comme celui de tous les états mercantiles, s'est toujours distingué par une méfiance jalouse à l'égard des chefs, et même des officiers subalternes, de ses armées et de ses flottes. Contre les risques d'une intrigue ou d'un coup d'Etat militaire, longtemps redouté à l'époque où des guerres continuelles l'obligeaient à tenir en campagne des forces importantes, l'aristocratie d'Orsenna n'a pas cru se prémunir assez en imposant la plus étroite sujétion des cadres militaires au pouvoir civil : depuis des temps très reculés, les plus nobles familles ne pensent point déchoir en déléguant auprès d'eux leurs jeunes hommes dans des fonctions qui touchent de fort près aux pratiques de l'espionnage, et dont l'effet a été longtemps d'étouffer dans l'oeuf toute tentative de conspiration armée. Ce sont là les "yeux" célèbres de la Seigneurie : leurs pouvoirs mal délimités, mais en réalité toujours officieusement étayés par le poids d'un grand nom et le crédit d'une ancienne famille, leur laissant en général l'initiative la plus étendue, même au cours d'une campagne. " [...]Venise3 030.jpg
Ainsi rappelé à moi, je me souvenais brusquement de ce surnom très complaisamment ironique de "Venise des Syrtes" qu'ont donnait à Maremma. L'image me revenait, qui m'avait souvent frappé sur les plans de la chambre des cartes, d'une main aux doigts effilés qui s'avançait dans la lagune et figurait le détroit instable et bourbeux d'un des rares oueds qui parviennent à la mer dans les Syrtes."

Venise3 057.jpgA lire pour retrouver l'atmosphère incomparable de la lagune...

Photos Florence Brieu-Galaup, tous droits réservés.

10:05 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0)

12/12/2010

Avis de sortie

Le film "The Tourist" avec Angelina Jolie et Johnny Deep comportent plusieurs scènes tournées à Venise ; d'après les interviews, Johnny Deep a apprécié se déambuler dans les ruelles de Venise, la nuit, anonymement. Il révèle également que certains membres de l'équipe ont éprouvé un sentiment de claustrophobie...
A l'heure où un collectif de Vénitiens protestent contre l'invasion du tourisme et ses répercussions néfastes, ce film risque d'entretenir l'engouement...
Venise3 008.jpg

Photos Florence Brieu-Galaup, tous droits réservés.