29.01.2012
Vénus ou Venise...
http://www.youtube.com/watch?v=E-QZ-5yGeHQ&feature=player_detailpage
21:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.01.2011
Un véritable amoureux de Venise
Malgré mon abhorration pour le groupe de critique littéraire auquel il appartient ("Tel quel") - car "la parfaite raison fuit toute extrémité..." - , Philippe sollers est un incontestable amoureux de Venise. Il publie un ouvrage, "Trésor d'amour" qui situe une partie de son intrigue dans la ville qui occupe nos rêveries. Invité du Grand Journal sur canal +, voici quelques-unes de ses répliques savoureuses :
- " Si vous croyez que Venise est un décor , laissez tomber"
- " Il y a deux Venise(s)... au moins."
- " Les amoureux peuvent rompre à Venise. Venise est une épreuve."
-"La société déteste l'indépendance que donne l'amour [...]. Il faut vivre clandestinement."
Pas de rapport (apparent) mais signalons pour les amoureux de littérature et donc les amoureux de l'ambiguïté, le dernier film de Clint Eastwood, "Au-delà". Et aussi "Poupoupidou" avec la divine Sophie Quinton et L'excellent Jean-Paul Rouve...
21:04 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16.12.2010
Lecture Fernando Pessoa
Le fascinant poète portugais Fernando Pessoa, "voyageur immobile" ne s'est jamais rendu à Venise (à ma connaissance en tout cas). 
Sa ville de prédilection, Lisbonne, est, comme Venise, un lieu à part dont l'ouverture marine, avec sa tour de Belem, invite au voyage imaginaire et au rêve, un lieu encore hors du temps un peu mélancolique et très émouvant. 

Pour les amoureux du poète et les amoureux de poésie, les "happy few", lecture par la compagnie Magritt' au centre Joë Bousquet, chez cet autre "voyageur immobile", à Carcassonne, au 53 rue de Verdun, les jeudi 16 décembre, vendredi 17 décembre à 18h et samedi 18 décembre à 17h. Entrée gratuite.
"Pessoa, en portugais, signifie personne. Evidemment, dès l’enfance, Fernando Pessoa voulut être quelqu’un. Mais très vite il sut qu’il était quelques uns. Alors, pour être l’Autre, il choisit une démarche extra-ordinaire : il s’inventa des doubles, ses hétéronymes qui écrivirent « à sa place » et il fit publier leurs œuvres sous leurs noms, choisissant, lui, d’être un poète sans lecteurs, un écrivain sans éditeur.
Pessoa écrivait devant sa fenêtre lisboète, nuit après nuit, des milliers de pages, au parfum de saudade, qu’il entassait dans une malle. Diabolique machination de cet obscur aide-comptable, connu seulement des habitués des cafés littéraires du Lisbonne des années 1910-1935, spectateur de la vie et plus à l'aise dans le langage que dans le monde réel. Diabolique machination car l’ouverture posthume de la malle « une malle pleine de gens » lui ouvrit les portes de l’immortalité.
Aujourd’hui Lisbonne n’en finit pas de le célébrer – pour se faire pardonner de ne l’avoir pas reconnu en son temps ? Il n’est que de se promener dans sa ville pour voir combien il y est présent et vivant. Son dernier appartement rua Coelho da Rocha transformé en musée, avec chambre reconstituée, exposition permanente, conférences. Un itinéraire municipal qui propose de monter dans l’Electrico 28 - un des tramways jaunes – pour relier les divers Lugares do Pessoa : lieux de travail, appartements, cafés de la Baïxa. Les kiosques de rue qui vendent son portrait en « magnet » que l’on aimantera sur son frigidaire. Dans la rua Garrett les librairies qui affichent les dernières éditions des œuvres complètes( ?) de Pessoa à côté de celles de ses hétéronymes. Et à la terrasse du célèbre café A Brasiliera, il est assis, en bronze grandeur nature, sur une chaise : l'Immobilité éternelle opposée à la vitesse futile de notre époque.
Ironique et ultime revanche de la postérité, lui qui vécut, poète inconnu, les trente dernières années de sa vie sans jamais quitter Lisbonne, repose maintenant au monastère-panthéon dos Jeronimos , au bord du Tage, tout à côté du tombeau du plus illustre navigateur portugais Vasco de Gama, sans doute parce qu’à sa manière, ce piéton de Lisbonne fut aussi un grand voyageur." Jacques Galaup
Janvier 2O11


10:32 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Le Rivage des Syrtes
Construit autour d'un monde imaginaire, Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq emprunte à Venise ses paysages et son organisation politique au travers d'une prose poétique envoûtante, emprunt dont le narrateur dénonce lui-même le caractère galvaudé :
"Le gouvernement d'Orsenna, comme celui de tous les états mercantiles, s'est toujours distingué par une méfiance jalouse à l'égard des chefs, et même des officiers subalternes, de ses armées et de ses flottes. Contre les risques d'une intrigue ou d'un coup d'Etat militaire, longtemps redouté à l'époque où des guerres continuelles l'obligeaient à tenir en campagne des forces importantes, l'aristocratie d'Orsenna n'a pas cru se prémunir assez en imposant la plus étroite sujétion des cadres militaires au pouvoir civil : depuis des temps très reculés, les plus nobles familles ne pensent point déchoir en déléguant auprès d'eux leurs jeunes hommes dans des fonctions qui touchent de fort près aux pratiques de l'espionnage, et dont l'effet a été longtemps d'étouffer dans l'oeuf toute tentative de conspiration armée. Ce sont là les "yeux" célèbres de la Seigneurie : leurs pouvoirs mal délimités, mais en réalité toujours officieusement étayés par le poids d'un grand nom et le crédit d'une ancienne famille, leur laissant en général l'initiative la plus étendue, même au cours d'une campagne. " [...]
Ainsi rappelé à moi, je me souvenais brusquement de ce surnom très complaisamment ironique de "Venise des Syrtes" qu'ont donnait à Maremma. L'image me revenait, qui m'avait souvent frappé sur les plans de la chambre des cartes, d'une main aux doigts effilés qui s'avançait dans la lagune et figurait le détroit instable et bourbeux d'un des rares oueds qui parviennent à la mer dans les Syrtes."
A lire pour retrouver l'atmosphère incomparable de la lagune...
10:05 Publié dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12.12.2010
Avis de sortie
Le film "The Tourist" avec Angelina Jolie et Johnny Deep comportent plusieurs scènes tournées à Venise ; d'après les interviews, Johnny Deep a apprécié se déambuler dans les ruelles de Venise, la nuit, anonymement. Il révèle également que certains membres de l'équipe ont éprouvé un sentiment de claustrophobie...
A l'heure où un collectif de Vénitiens protestent contre l'invasion du tourisme et ses répercussions néfastes, ce film risque d'entretenir l'engouement...

20:14 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17.11.2010
Chateaubriand et Proust à Venise III
(Extraits du DEA de lettres modernes de Florence Brieu-Galaup)
10:02 Publié dans Voyageurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chateaubriand, proust, venise
Le point de vue de Mouloudji
Le chanteur, écrivain, interprète de « Cœur de rubis », de « La Complainte des infidèles » ou encore d’ « Un jour, tu verras », a écrit une chanson qui se passe à Venise, à l’attention de son premier amour :
« Fini le balcon, ma divine
Adieu les crépuscules mauves.
Demain, je pars sur la mer
Et je ne verrai plus la terre.
Et si le bateau fait naufrage
J’serai l’invité des coquillages,
Je roulerai comme un manège
En pensant à ma Vénitienne. »
Il se rendra à Venise vers 1937 pour tourner dans un film de Christian-Jaque, A Venise, une nuit. Mineur, il est contraint de se présenter à l’examen du certificat d’études afin d’obtenir le droit de travailler à l’étranger. Bien qu’il séjourne dans un somptueux palais en compagnie de l’équipe du tournage, il n’est pas séduit pas la ville : « A Venise, des canaux montait une senteur glauque de pourriture. On eût dit une dépouille en sueur. Sous les ponts, l’eau croupie vous enveloppait de miasmes au toucher d’algues. Pigeons et mendiants se collaient aux touristes, des essaims d’enfants tendaient la main, pareils à des louveteaux affamés. Pas de rapport avec la misère parisienne, triste, secrète. Là, elle s’étendait toute nue sous le soleil. »
Les Vénitiens vont pouvoir utiliser le point de vue de l'éternel et charmant "Titi" parisien afin de dissuader les hordes de touriste dont ils se plaignent actuellement !!!
Bibliographie : Mouloudji de Gilles Schlesser, L’Archipel, 2009.
09:16 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mouloudji, venise
12.05.2010
La Grande librairie
Pour les amateurs, Dona Leon sera jeudi soir sur le plateau de La Grande Librairie sur France5 à 20h35
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11:05 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dona leon, venise
20.04.2010
Exposition
Les Trésors de L'Accademia Carrara de Bergame à Caen: Quatre-vingt tableaux, de la Renaissance au XVIIIe siècle, issus notamment de l'école vénitienne. A voir jusqu'au 19 septembre au Musée des Beaux-arts de Caen.

11:11 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : exposition, venise
12.04.2010
Nouveautés librairie
Deux ouvrages viennent de sortir autour de Venise, une oeuvre de fiction et une anthologie :
- Donna Leon, écrivain fameux qui vit à Venise, est l'auteur de romans policiers qui ont la ville pour cadre. Pour les amateurs, voilà un nouvel opus : "Le Cantique des innocents", (éd. Calmann-Lévy.) où le "Hercule Poirot" vénitien de Donna Leon, le commissaire Brunetti, doit résoudre une affaire de traffic d'enfants.
- Quant à Jean-Claude Simoëns, il nous propose son "Voyage à Venise" (éd. J'ai lu) avec toujours les mêmes célèbres voix : Proust, Montesquieu, Byron, etc.

12:49 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : venise, donna leon
12.02.2010
Lecture Rabelais
Voilà plus de dix ans que la Cie Magritt' nous régale de ses lectures-spectacles avec des auteurs dont la vie et l'oeuvre nous élèvent à plus d'humanisme. Au sein de la Maison des Mémoires à Carcassonne, le "metteur en jeu" Jacques Galaup et ses comédiens professionnels font ricocher les voix d'outre-tombe dans l'antre sacrée du poète Joë Bousquet. Voilà plusieurs années également que René Piniès, directeur du centre Joë Bousquet, anime le lieu et s'évertue à nous faire pénétrer les arcanes de la vie et de l'oeuvre du poète.
Une nouvelle lecture donnée par la Cie Magritt', sur Rabelais, est donc annoncée pour les 16, 17, 18, 19 février à 18h et le 20 février à 17h, 53 rue de Verdun à Carcassonne (entrée libre), avec les comédiens Jean-Baptiste Artigas, Roger Avalos et Alain Perez. Adaptation de Jacques Galaup :
""Hénaurme" l’œuvre de Rabelais, énorme et drolatique par la multitude des personnages, par le foisonnement des situations, par la création verbale et parce que, cinq cents ans après son écriture, cette œuvre nous concerne toujours.
De 1535 à 1550 Rabelais écrit cinq ouvrages qui racontent chronologiquement une même histoire : la vie d’un géant. Celle de Gargantua d’abord puis celle de Pantagruel, son fils. Père et fils ou frères jumeaux ? tant ils se ressemblent. Même naissance et même enfance en la benoîte Touraine, même imprégnation des idéaux de la Renaissance, même quête du sens de l’existence, même volonté de ridiculiser les mille visages de la bêtise et de l’intolérance. Le tout sur toile de fond historique qui va de la lumière de Marignan à la nuit de Pavie. Du bleu délavé de la peinture toscane au noir goudron de la peinture espagnole, de François 1er protecteur de Rabelais à Charles Quint l’inquisiteur, c’est-à-dire de la liberté à la censure et au bûcher.
Rabelais est donc contraint de naviguer, comme ses personnages, entre les récifs de la répression avec le rire. Grasses folastries d’étudiants en médecine et plaisanteries d’ivrognes pour tromper les censeurs et dissimuler la substantifique moelle. Au bout du compte, au bout du conte, Gargantua vaincra Picrochole et construira Thélème, ce rêve d’une société sans conflit ni dissonance. Pantagruel, de son côté, réussira à découvrir et à interroger l’oracle de la Dive Bouteille. Et les deux odyssées se termineront sur deux aphorismes :
Fais ce que voudras et Bois.
Deux réponses qui sont en réalité deux non-réponses : Homme, tu es libre, décide par toi-même du sens, de la direction de ta vie. Aucun signe, aucun oracle ne peut dicter ta conduite. La formule sartrienne : L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait n’est pas loin. Sartre d’ailleurs affirmait que l’existentialisme était un humanisme.
Alors Rabelais, qui fréquentait assidûment les estaminets du Quartier latin, Rabelais était-il existentialiste ?
C’était pour rire."
La lecture-spectacle aura lieu au sein de l'exposition du sculpteur catalan Fenosa, exposition qui durera jusqu'en mai. Fenosa et Rabelais ont en commun d'avoir voulu modifier la pensée et la morale de leur époque par le recours à la culture grecque. 
N'en oublions pas Venise ! Les écrivains français de la Renaissance furent de fait de grands amoureux de l'Italie. A ma connaissance, un passage de Rabelais à Venise n'est pas attesté. En revanche Clément Marot y séjourna. Suite à l'affaire des placards (diatribes contre la messe affichées sur la porte de la chambre du roi François 1er à Amboise), soupçonné d'hérésie, il fut contraint à l'exil dans cette ville.


13:44 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rabelais, venise, marot, fenosa, joë bousquet, carcassonne
08.02.2010
Le Voyage...
Une Venise fugitive et oxymorique à travers le regard d'un des personnages du Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline :
" Non, j'aime autant vous l'avouer, je ne me sens plus de force à me tracasser davantage, ce que je cherche pour achever mon existence, c'est un petit coin de recherches bien tranquilles, qui ne me vaillent plus ni ennemis, ni élèves, mais cette médiocre notoriété sans jalousie dont je me contente et dont j'ai grand besoin. Entre autres fadaises, j'ai songé à l'étude de l'influence comparative du chauffage central sur les hémorroïdes dans les pays du Nord et du Midi. Qu'en pensez-vous ? De l'hygiène ? Du régime ? C'est à la mode ces histoires-là ! n'est-ce pas ? Une telle étude convenablement conduite et traînée en longueur me conciliera l'Académie j'en suis persuadé, qui compte un nombre majoritaire de vieillards que ces problèmes de chauffage et d'hémorroïdes ne peuvent laisser indifférents. Regardez ce qu'ils ont fait pour la cancer qui les touche de près !... Qu'elle m'honore par la suite l'Académie, d'un de ses prix d'hygiène ? Que sais-je ? Dix mille francs ? Hein ? Voilà de quoi me payer un voyage à Venise... j'y fus savez-vous à Venise dans ma jeunesse, mon jeune ami... Mais oui ! On y dépérit aussi bien de faim qu'ailleurs... Mais on y respire une odeur de mort somptueuse qu'il n'est pas facile d'oublier par la suite..." (p. 363, éd. Gallimard, 1952).
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04.02.2010
Rumeur de jumelage
Lu dans la Dépêche du Midi du 31 janvier 2010 : Le consul d'Italie Bernardino Mancini, en visite à carcassonne, aurait évoqué avec le maire de carcassonne, Jean-Claude Perez, la possibilité d'un jumelage de carcassonne avec Venise... Affaire à suivre !

10:53 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : carcassonne, venise
27.01.2010
Chateaubriand et Proust à Venise II
(extraits du DEA de lettres modernes de Florence Brieu-Galaup)
3.2 À la recherche du lieu perdu
3.2.1 Promenades vénitiennes
« L’univers reprit tout d’un coup à mes yeux un prix infini. Et mon admiration pour Ruskin donnait une telle importance aux choses qu’il m’avait fait aimer qu’elles me semblaient chargées d’une valeur plus grande même que celle de la vie. Ce fut à la lettre, et, dans une circonstance où je croyais mes jours comptés, que je partis pour Venise, afin d’avoir pu, avant de mourir, approcher, toucher, voir incarnées en des palais défaillants mais encore debout et roses, les idées de Ruskin sur l’architecture domestique au Moyen Âge... »
Proust, préface à la Bible d’Amiens
Proust se rendra pour la première fois à Venise en avril 1890 avec sa mère, ainsi qu’avec Reynaldo Hahn, Marie Nordlinger (cousine de Reynaldo) et Frédéric de Madrazo. Il s’y sentira à ce point malade qu’il se croira proche de la mort. Cette expérience se retrouvera dans le passage vénitien du roman. Mais on découvrira qu’il s’y rendit une seconde fois en 1900 : Le Figaro daté du 10 octobre 1931 contient un article où M. Gueyrand (consul de France), révélait qu’il « avait trouvé trace de la signature de Proust et de la date de son passage - 19 octobre 1900 - sur le registre du couvent de l’île de San Lazzaro. » L’intérêt de cette découverte réside moins dans le voyage lui-même que dans ses circonstances (« Pour l’écrivain, aimer n’est pas lié au temps temporel mais au temps psychologique ; voir un lieu une fois - comme Segrez - peut laisser un souvenir plus important que d’en voir un autre mille fois. ») : Proust, si peu avare en courrier, n’enverra aucune lettre au cours du second voyage à Venise (du moins en l’état actuel de nos connaissances), qu’il effectuera - aspect encore plus étonnant - seul. Du fait de sa maladie, Proust a voyagé relativement peu. Ce deuxième voyage à Venise laisse donc rêveur : Pourquoi était-il seul ? A-t-il voulu garder ce déplacement secret ? Voulait-il profiter seul du lieu ? Pourquoi avoir bravé à nouveau l’atmosphère particulièrement insalubre de Venise ? On ne pourra s’empêcher d’établir des liens entre ces éléments biographiques et le passage vénitien du roman.
Ce dont nous sommes certains, ce sont des liens privilégiés de l’écrivain avec la ville. Le voyage à Venise est la réalisation d’une aspiration profonde : « Quand je suis allé à Venise cela me paraissait incroyable et si simple que mon rêve fût devenu mon adresse. » Céleste, sa dernière gouvernante, fait état de l’attachement de « Monsieur » à Venise dans un ouvrage où elle rapporte avec un souci d’exactitude un peu naïf les paroles de l’écrivain :
« C’était avec lui [i.e. Frédéric de Madrazo] et Reynaldo Hahn qu’il avait visité Venise, dans sa jeunesse, en compagnie de sa mère. Il gardait un souvenir ébloui de ce voyage. C’était en 1900 ou 1901, durant les deux ou trois années pendant lesquelles, me disait-il, il avait fait trois des découvertes qui avaient le plus marqué son esprit : l’écrivain anglais Ruskin, les cathédrales - surtout celle d’Amiens avec son ange - et Venise et sa peinture. Il en avait une vraie reconnaissance à Madrazo ; car c’était sur son insistance qu’il avait eu la révélation de Venise et son explication. Il en avait encore des élans. C’est à ce propos qu’il me disait très souvent : - Vous verrez Céleste. Quand j’aurai mis le mot « fin » à mon livre, je vous emmènerai à Venise et j’irai avec vous voir l’ange d’Amiens et aussi Chartres... »
Le témoignage de Marie Nordlinger illustre bien également le charme qu’exerce la ville sur Proust :
« Il me souvient [...] d’avoir pendant une heure d’orage et d’obscurité, pris refuge avec Marcel à l’intérieur de la basilique, et d’y avoir lu avec lui dans les Stones of Venice, des passages d’une beauté appropriée à l’endroit. Il fut étrangement ému et comme soulevé d’extase. »
Venise possède donc tant pour Proust que pour le narrateur de La Recherche, un attrait particulier. Du désir pour cette ville, l’écrivain fera une sorte de fil rouge de son roman au travers notamment des tissus du dilettante Mariano Fortuny :
« En principe dans la suite de mon Swann, je ne parle d’aucun artiste puisque c’est une œuvre non de critique mais de vie. Mais il est probable, si du moins je laisse les derniers volumes tels qu’ils sont, qu’il y aura une exception unique et pour des raisons de circonstance et de charpente romanesque, et que cette exception sera Fortuny. [...] le « leit motiv » Fortuny, peu développé, mais capital jouera son rôle tour à tour sensuel, poétique et douloureux. »
Lors de son premier séjour, Proust, par l’intermédiaire de Raymond de Madrazo, qui a épousé la sœur de Reynaldo et qui est le beau-frère de Mariano Fortuny, découvre l’œuvre de ce dernier, célèbre couturier mais aussi dessinateur, photographe et peintre : s’inscrivant dans un style assez inclassable, proche de l’« art déco » et que les Italiens qualifient de « arte della ricerca », son travail de création plonge ses racines dans l’œuvre de Ruskin ; il inventa entre autres un procédé pour diffuser une lumière tamisée destinée aux plateaux de théâtre ; mais ce qui a fasciné particulièrement notre écrivain ce sont les tissus créés d’après les modèles de tableaux de Carpaccio. Ces tissus sont constitués de plis obtenus par humidification et fixage à chaud. Ils peuvent ensuite être lestés par des perles. Mais plus directement, c’est Ruskin qui introduisit Proust à la beauté de Venise. Par son intermédiaire, Proust progressera sur la voie de l’écriture. En France, Ruskin se fera connaître par l’ouvrage de La Sizeranne, Ruskin ou la religion de la beauté, publié en 1897.
3.2.2 L’esthétique ruskinienne
« Un pas inestimable dans la conquête de la vérité. »
Proust, Du côté de chez Swann
À l’origine des voyages de Proust se trouve le développement massif de cette pratique, intensifiée par l’évolution des transports, que l’écrivain aura d’ailleurs l’audace d’introduire dans son texte. Mais l’itinéraire de ces promenades est dû pour une grande partie au critique d’art anglais Ruskin que Robert de Billy lui fera découvrir et que nous venons d’évoquer à propos de Fortuny. « La Venezia prediletta da Proust è quella medievale, policroma, sfrontata, spirituale e carpaccesca di Ruskin. » Qui est Ruskin ? Au début du XIXe siècle, l’auteur d’un ouvrage incontournable pour les intellectuels qui se rendent à Venise et qui s’intitule Les Pierres de Venise (Stones of Venice) et qui est une sorte de condensé sur l’art du Moyen Âge. De l’aveu même de son auteur l’ouvrage est insatisfaisant car il prend des tonalités trop diverses, à la fois lyriques, imprécatives ou théoriques : « Il semble que Ruskin ait « manqué au programme » parce qu’il cherchait le but réel de son œuvre. » Souhaitant faire apparaître la récente décadence de la ville, il ne réussit qu’à la magnifier :
« Qu’importe si son intérêt pour l’espace est inexistant ou fluctuant, si son interprétation de la sculpture, de la peinture ou de la mosaïque est efficiente ou non. Même ses maladresses récurrentes vont au secours d’une des principales richesses du livre : sa sensibilité, et l’affirmation désespérée de cette sensibilité. Sans cela, la lecture s’arrêterait vite, d’ailleurs, à la première et plus patente de ses tromperies, celle qui gouverne l’ensemble des Pierres : comment Ruskin peut-il prétendre démontrer la hideur de Venise, quand le livre n’est qu’un chant passionnel ? »
Les théories de Ruskin sont aujourd’hui invalidées (glorification des imperfections du gothique contre les volontés par trop scientifiques de la Renaissance), mais elles ont pourtant influencées Proust qui en a retenu la primauté de l’instinct et de la sensibilité sur l’intelligence (cultivés, les Guermantes échouent autant que les Verdurin à parler d’art) :
« Ses théories pour dépasser les apparences ont séduit le jeune homme qui découvre la capacité de Ruskin à saisir partout la beauté, même dans les choses habituelles, et surtout dans les choses humaines, le crime de la Renaissance étant d’avoir privilégié la science et non l’amour, l’intelligence et non l’émotion. »
D’un point de vue plus anecdotique, il est quand même signifiant de noter les similitudes œdipiennes entre Proust et Ruskin. Phagocyté par une mère fervente protestante, l’écrivain anglais gâchera son mariage et achèvera sa vie dans la démence. Proust est fasciné comme l’Europe entière et bientôt les États-Unis par ce personnage dont il va suivre les traces en superposant son regard au sien :
« Il n’y a pas de meilleure manière d’arriver à prendre conscience de ce qu’on sent soi-même que d’essayer de recréer en soi ce qu’a senti un maître. Dans cet effort profond c’est notre pensée elle-même que nous mettons, avec la sienne, au jour. »
Ainsi notre écrivain va suivre un double travail de traduction dont Edward Bizub a montré toutes les implications dans son ouvrage La Venise intérieure : Proust et la poétique de la traduction : un qui va s’exercer sur le réel et un autre sur l’écriture (« Le parcours ruskinien servira de base, on devrait dire de sol, à la description fictive de l’épisode vénitien dans le roman. ») En effet, Proust traduira La Bible d’Amiens, Sésame et les lys, en partie avec l’aide de sa mère puisqu’il ne parlait pas très bien anglais (!). Ce labeur supplante l’élaboration du roman Jean Santeuil - dont Proust percevait l’impasse - et il sera même intégré à l’intrigue de La Recherche (RA, p. 224). Cette « traduction à deux » a permis à Proust de resserrer un lien déjà particulièrement fusionnel avec sa mère, au point d’associer de manière intime son désir pour Venise et son désir pour sa mère et surtout d’exercer une écriture et d’évoluer dans la conception du roman qui était la sienne. Dans son article « De Jean Santeuil à la Recherche du temps perdu : la méditation ruskinienne », Henri Lemaitre met en valeur les correspondances autres que biographiques entre Proust et Ruskin : une même sensibilité, un même attrait pour l’enfance et la justesse de ses sensations, une même « conscience douloureuse du temps ». Ruskin « formera Proust à dérouler ses périodes avec la grâce de vagues lentes ou de chevelures florentines. » Il a joué le rôle d’un médiateur et son apport sur la vision proustienne de Venise est donc considérable.
3.2.3 Tradition et modernité
Comme la forme des Mémoires, la forme de la Recherche ne dépend pas de Venise. C’est Venise au contraire qui est soumise aux exigences de la forme. Proust ouvre une ère nouvelle dans le roman : tout n’y est pas novateur ; le thème de la vocation n’est pas intrinsèquement nouveau en littérature. Pour donner plus d’ampleur à sa propre entreprise, Proust lui-même se réclame de Nerval ou de Baudelaire : « Combien d’allusion implicites ou explicites à la Bible, à Dostoïevski, à George Sand, à Madame de Sévigné. » Outre la peinture de mœurs pour le moins scandaleuses, la modernité de Proust - sans entrer dans les détails - vient d’un style qui épouse les mouvements de la conscience et porte un regard différent sur le réel :
« Le roman du XIXe siècle était fondé sur un conflit. Proust abolissait les conflits [...] ; chez Proust, le monde n’était plus un bien à conquérir, mais une apparence à élucider. Pour le héros proustien, il s’agit de comprendre, non de posséder, d’assurer son salut, non d’asseoir sa domination. »
Pour ce qui nous intéresse plus particulièrement, Proust, en grand érudit et en grand lecteur, a une très bonne connaissance de tout ce qui a pu être écrit à propos de Venise :
« L’heure de Venise, peut être aussi, l’heure de Ruskin en France, l’heure de Venise en tout cas. Jamais Venise n’a joui auprès des intelligences d’élite d’une faveur aussi spéciale et aussi haute qu’aujourd’hui. [...] La Venise agonisante de Barrès, la Venise carnavalesque et posthume de Régnier, la Venise insatiable d’amour de Madame de Noailles, la Venise de Léon Daudet, de Jacques Vontade, exercent sur toute imagination bien née une fascination unique. Et maintenant, de cette contemplation un peu passive de Venise, Ruskin va nous faire sortir. »
Mais son propre texte est essentiellement marqué par Ruskin avec « un certain sentiment impressionniste de la nature, de l’art et de la couleur. » « Proust apprendra de Ruskin sa manière de voir et de sentir les œuvres d’art, celle qui ensuite autorisera l’art, et particulièrement la peinture, à occuper dans La Recherche la place qui lui est presque refusée dans Jean Santeuil. » Le personnage incertain de Jean Santeuil donnera naissance entre autres au personnage plus abouti d’Elstir. Mais l’art, la mémoire, l’enfance, le transfert des sensations hérités du critique anglais sont des données communes à l’œuvre entière et qui en affectent principalement ses idées. En revanche, dans le passage sur Venise, Proust pastiche directement Ruskin. L’itinéraire suivi et son approche des œuvres d’art rappellent en partie celles de son maître. Ainsi cet extrait évoque la technique aquarelliste de Ruskin, qui ne décrit pas toujours de façon précise mais s’attache à des détails ou à des zones de couleur :
« Mais ce rôle de maison projetant un peu d’ombre à leurs pieds était, à Venise, confié à des palais de porphyre et de jaspe, au-dessus de la porte cintrée desquels la tête d’un dieu barbu [...] avait pour résultat de rendre plus foncé par son reflet, non le brun du sol, mais le bleu splendide de l’eau. » (RA, p. 203)
Cet extrait aux accents plus théoriques fait également penser au critique anglais :
« Et puisque à Venise ce sont des œuvres d’art, les choses magnifiques, qui sont chargées de nous donner les impressions familières de la vie, c’est esquiver le caractère de cette ville, sous prétexte que la Venise de certains peintres est froidement esthétique dans sa partie la plus célèbre qu’en représenter seulement (exceptons les superbes études de Maxime Dethomas) les aspects misérables, là où ce qui fait sa splendeur s’efface, et pour rendre Venise plus intime et plus vraie, de lui donner de la ressemblance avec Aubervillers. » (RA, p. 205)
Le narrateur de La Recherche marche sur les pas de son créateur : comme Proust qui s’est d’abord fait critique avant de se faire écrivain, son personnage essaye de définir l’art avant de pouvoir s’y consacrer. Cette présence presque étouffante de l’art aura son rôle dans la suite de notre exposition.
3.3 L’influence de Chateaubriand sur Proust : un héritage avoué
« J’aime lire Chateaubriand parce qu’en faisant entendre toutes les deux ou trois pages [...] ce qui est son cri à lui, aussi monotone mais aussi inimitable, on sent bien ce que c’est qu’un poète ; il nous dit que rien n’est sur la terre, bientôt il mourra, l’oubli l’emportera ; [...] mais tout d’un coup parmi ces événements, [...] nous sentons non pas qu’il mourra, mais qu’il vit, qu’il est quelque chose de supérieur aux choses. »
Proust, Essais et articles
Chateaubriand a eu une influence énorme sur Proust. L’écrivain revendique lui-même cette filiation et La Recherche est émaillée d’allusions à l’écrivain des Mémoires. La plus célèbre est celle où Madame de Villeparisis porte un jugement très rigoureux sur l’écrivain. Outre l’effet comique, Proust développe ainsi sa problématique de la réception et de la conception de l’art dans les milieux mondains et bourgeois :
« Vous me citez une grande phrase de M. de Chateaubriand sur le clair de lune. Vous allez voir que j’ai mes raisons pour y être réfractaire. M. de Chateaubriand venait bien souvent chez mon père. Il était du reste agréable quand on était seul parce qu’alors il était simple et amusant, mais dès qu’il y avait du monde il se mettait à poser et devenait ridicule. [...] « M. de Chateaubriand a été bien éloquent ? - Oh ! oui - Il vous a parlé du clair de lune. - Oui, comment savez-vous ? [...] - Et il vous a même parlé du clair de lune dans la campagne romaine. - Mais vous êtes sorcier. » Mon père n’était pas sorcier, mais M. de Chateaubriand se contentait de servir toujours un même morceau tout préparé ». (RAII, p. 81)
Proust doit également beaucoup à Chateaubriand pour ce qui est de la mémoire involontaire. Il établit lui-même le parallèle dans Le Temps retrouvé (« le goût de la madeleine » et « le gazouillement de la grive » RT, p. 498). Mais comme le fait remarquer Michel Raimond, Chateaubriand n’a fait qu’esquisser ce dont Proust a fait la matière même de son œuvre :
« J’ajouterai aussitôt que si Proust s’inspire et se recommande de Chateaubriand, par exemple, son originalité, - sa modernité en ce sens, - ce fut de faire de ces expériences privilégiées de la mémoire involontaire la pierre angulaire de son œuvre, le fondement de tout l’édifice, - alors que chez Chateaubriand, si intense que soit le bouleversement intérieur provoqué par le télescopage de deux sensation identiques, l’auteur, l’ayant évoqué au début d’un chapitre, passe outre. »
Un lien plus structurel unit les deux écrivains. En effet, Marc Fumaroli apparente La Recherche aux Mémoires, genre au « statut singulier. » Il est vrai que le narrateur se réclame à la fin de l’ouvrage d’un Saint-Simon, éclairant - a posteriori - d’une lumière différente ce qui vient d’être lu :
« Ce serait un livre aussi long que Les Mille et une Nuits peut-être, mais tout autre. Sans doute, quand on est amoureux d’une œuvre, on voudrait faire quelque chose de tout pareil, mais il faut sacrifier son amour du moment, ne pas penser à son goût, mais à une vérité qui ne vous demande pas vos préférences et vous défend d’y songer. Et c’est seulement si on la suit qu’on se trouve parfois rencontrer ce qu’on a abandonné, et avoir écrit, en les oubliant, les « Contes arabes » ou les « Mémoires de Saint-Simon » d’une autre époque. » (RT, p. 621)
Si l’œuvre de Proust entre indubitablement dans la catégorie du roman, le point de départ semble bien être celui des Mémoires : elles donnent à La Recherche ce côté éclaté du récit historiographique et reprend d’un point de vue original le problème de la mémoire et du temps. L’œuvre de l’écrivain copie sur le mode fictionnel le mode d’écriture des Mémoires, avec notamment l’emploi de la première personne ou encore des digressions : « Les deux genres sont travaillés par des dynamiques narratives apparentées. » Dominique Jullien qui a travaillé précisément sur les modèles de Proust constate les mêmes connivences avec les Mémoires de Saint-Simon et également Les Mille et une Nuits :
« D’autres ressemblances tiennent à la structure narrative. L’emboîtement des récits qui donnent leur forme caractéristique aux Nuits se retrouve également chez Saint-Simon dans la multiplicité des digressions narratives et des anecdotes encastrées, ainsi qu’à une plus grande échelle dans les portraits emboîtés. [...] Si « l’espèce de roman » proustien accueille si librement tous les genres, c’est en particulier pour s’être donné comme modèle deux œuvres très dissemblables, et dont aucune n’est un roman. »
Proust n’a guère séjourné à Venise plus longtemps que Chateaubriand. Il a comme lui succombé à l’attirance de son siècle et de son monde pour ce lieu. Mais dès le départ, les deux écrivains ont le désir d’insérer Venise dans une structure narrative, dans une trame romanesque. Les parallèles entre leurs deux textes - nous le verrons - sont multiples. Les emprunts et les influences - nous l’avons vu - sont aussi multiples. Outre leurs apports stylistiques au texte, ces sédimentations artistiques vont être l’occasion d’un constat d’impermanence et d’échec.
11:46 Publié dans Voyageurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chateaubriand, proust, venise
22.01.2010
En marge de Venise
L'adoré ou détesté Philippe Sollers, auteur d'un "Dictionnaire amoureux de Venise" (paru chez Plon, l'ouvrage, malgré l'intitulé, relate une expérience personnelle) et dont certains romans se réfèrent à Venise, vient de publier un superbe essai "Discours parfait" (éd. Gallimard), "immense voyage dans les arcanes de la création" (Franck Nouchi, Le monde). Philippe Sollers y exhume certains formidables écrivains un peu oubliés comme le tonitruant Léon Bloy.

13:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sollers, venise
21.01.2010
Venise en bande dessinée
Publication d'une bande dessinée "Journal d'Italie" (éd. Delcourt) De David B., déambulation dans ce pays avec un arrêt à Venise par la narration d'une légende du ghetto juif...

14:01 Publié dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : venise, bande dessinée
11.01.2010
Exposition

Exposition sur Turner et les maîtres qui l'ont inspiré (Rembrandt, Titien, Bonington) aux Galeries nationales du Grand Palais du 22 février au 23 mai.

Pour ceux qui ne peuvent se déplacer et qui souhaitent admirer les cieux vénitiens du peintre, il existe un ouvrage des aquarelles de Turner sur Venise aux éditions Bibliothèque de l'Image.

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10.01.2010
Documentaire sur Venise
"Echappées belles" à Venise sur France5 ce samedi 16 janvier avec la déambulation de Sophie Jovillard dans la ville.

12:48 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : venise
03.01.2010
Balzac à Venise
Balzac fournit deux images contradictoires de la ville. L’attitude de l’écrivain, qui passe d’une émotion à son contraire, est assez atypique. Balzac se rend à Venise pour la première fois le 13 mars 1837 pour ses affaires et il ne reste que quelques jours dans la ville, logeant à l’hôtel Danieli dans la chambre que George Sand et Alfred de Musset ont occupée quatre ans plus tôt. Lors de ce séjour, l’écrivain rédige deux courriers adressés à la comtesse Clara Maffei dont les contenus sont diamétralement opposés. Dans le premier courrier écrit le 14 mars 1837, il se montre ironique et sévère pour Venise et dans le second, écrit le 19 mars 1837, il l’encense. Ce désaveu initial est à nouveau justifié par un regard galvaudé par les trop nombreuses images qui circulent de la Cité des Doges :
« Nous sommes arrivés ce matin, mon compagnon de voyage et moi, escortés par une pluie à verse qui ne nous avait pas quitté [sic] depuis Vérone, en sorte qu’il était difficile que je ne visse pas Venise sortant des eaux. Si vous me permettez d’être sincère et si vous voulez ne montrer ma lettre à personne, je vous avouerai que, sans fatuité ni dédain, je n’ai pas reçu de Venise l’impression que j’en attendais, et ce n’est pas faute d’admirer des tas de pierres et les œuvres humaines, car j’ai le plus saint respect pour l’art ; la faute en est à ces misérables gravures anglaises qui foisonnent dans les keepsakes, à ces tableaux de la légion de ces exécrables peintres de genre, lesquels m’ont si souvent montré le Palais Ducal, la Piazza et la Piazzetta, sous tant de jours vrais ou faux, dans tant de postures, sous tant d’aspects débauchés, avec tant de licencieuses fantaisies de lumière que je n’avais plus rien à prêter au vrai et que mon imagination était comme une coquette qui a tant fatigué l’amour sous toutes ses formes intellectuelles que, quand elle arrive à l’amour véritable, à celui qui s’adresse à la tête, au cœur et au sens, elle n’est saisie nulle part par ce saint amour. (Correspondance, t. III, éd. Garnier Frères, 1964, p. 264-265) »
Balzac ne feint pas l’enthousiasme et exprime sa déception. L’arrivée à Venise censée être un moment d’émerveillement est gâtée par les conditions climatiques. Les « keepsakes » se présentent comme des barrières intellectuelles qui masquent le sujet et empêchent l’émotion. L’engouement que la ville est censée susciter devient ici un handicap et Balzac de nous dire que « ce que l’on admire le plus est ce qu’[il] admire le moins » (Ibid., p. 265). L’écrivain, qui ne ressent ni nostalgie ni mélancolie, ne voit pas dans la menace de disparition du lieu un symbole de la condition humaine. Plus occupé à séduire sa correspondante, l’écrivain se révèle dans cette première lettre insensible à la mémoire des hommes et à la sublimité de leurs œuvres. Ainsi, la ville est présentée comme une construction insensée et inutile :
« Qu’est-ce que cela me fait que toutes ces belles choses soient sur pilotis et bâties à contresens. N’est-ce plus une folie du moment où ce fut un peuple qui l’a faite ? Il aurait mieux valu que l’on n’eût pas bâti de si belles choses à Venise et que Venise eût employé ses richesses à s’assurer l’Italie. […] Aussi […] donnerais-je Venise pour une bonne soirée, pour une heure de plaisir, pour un quart d’heure passé au coin de votre feu, car l’imagination peut construire des milliers de Venise, et l’on ne fait ni une jolie femme, ni un plaisir, ni une passion. (Ibid., p. 265) »
Le réel est dévalué au profit des pouvoirs de l’imagination et l’art échangé contre le plaisir. Mais les préjugés sur lesquels se fondait l’opinion du grand écrivain vont se décanter et les couches textuelles et visuelles qui masquaient la ville réelle vont disparaître :
« Cara Contessina, j’ai tout à fait changé d’opinion sur la belle Venise que je trouve tout-à-fait digne de son nom. Depuis jeudi jusqu’à aujourd’hui que le temps menace de se brouiller et de me rendre pour mon retour l’horrible pluie que j’ai eue pour venir, nous avons eu le vrai soleil de l’Italie et le plus beau ciel du monde ; je ne vous répèterai pas les exclamations de tous les voyageurs sur les canaux, sur les palais, sur les églises, d’autant plus que j’ai vu tout très à la hâte, et que je suis convaincu qu’il faut, pour voir Venise, beaucoup plus de temps et de loisir que je n’en ai eu. (Ibid., p. 269) »
L’écrivain passe donc de la déception et du désintérêt à un très grand enthousiasme. L’imagination de l’écrivain, fatiguée par anticipation, est vivifiée au contact du lieu.
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02.01.2010
Biennale d'art contemporain 2009

Visite cet été de la Biennale d'art contemporain de Venise sous une chaleur accablante. Bonne cuvée avec une extension des lieux d'exposition du côté de l'Arsenal et les oeuvres monumentales et controversées de Jan Fabre. 
François Pinault a également fait réaliser une splendide rénovation de la Douane de Mer avec quelques oeuvres impressionnantes en son sein.
16:09 Publié dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : biennale d'art contemporain, venise



